top of page
Le nom du site "Les années récré"
  • Facebook
  • Instagram
  • Youtube
  • Twitch
  • X
  • TikTok

19h55 : FR3 décrochage Jeunesse

25 août
6 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 août

Née le 1er janvier 1975 de l'éclatement de l'ORTF, FR3 se distingue d'emblée des deux autres chaînes publiques par son ancrage régional : bâtie sur un réseau de 22 stations, elle se revendique chaîne du cinéma, des débats et surtout des décrochages régionaux. Chaîne à temps partiel, elle n'ouvre alors son antenne qu'en fin d'après-midi, à 17 heures, et ne diffuse que quelques heures de programmes par jour. Cette identité se lit jusque dans ses journaux : l'information nationale, réunie sous le titre FR3 Actualités, s'organise en un flash tout en images diffusé à 18 h 55 et repris à 19 h 55, encadrant les actualités régionales produites par les stations locales et alors mutualisées avec TF1 et Antenne 2.

La vocation régionale s'affirme encore le 22 mars 1976 : la chaîne lance Les Jeux de 20 heures, qui, par un duplex entre une station régionale et le studio parisien de Maître Capello, porte successivement chaque région à l'antenne nationale.

Ce dispositif tient jusqu'à la réorganisation de septembre 1978 : le 20 septembre, Soir 3 remplace la formule FR3 Actualités et le flash de 19h55 disparaît. C'est ce créneau ainsi libéré qui accueillera, dès le 23 septembre, la case jeunesse de 19h55.


FR3 Jeunesse


Juste avant 20 heures, non pas à l'heure ronde, mais à 19h55, FR3 glisse un rendez-vous de cinq minutes à ne pas manquer pour tous les enfants de France. Comme au temps de Bonne nuit les petits, mais Nounours est lui-même allé se coucher : ce sont désormais les héros animés qui débarquent sur la troisième chaîne. Celle-ci n'a pourtant pas grande réputation en matière de programmes jeunesse, face à L'Île aux enfants, aux Visiteurs du mercredi ou à la nouvelle Récré A2. Mais avec quelques séries et dessins animés, et cette petite capsule posée là un peu au hasard, la chaîne fait naître en cinq minutes un rendez-vous devenu culte.

Le pari est osé : découper un dessin animé de vingt-six minutes en cinq épisodes, imposant une ponctualité et une fidélité auxquelles les enfants, même les plus indisciplinés, finiront par se soumettre. À partir du 23 septembre 1978, tous les enfants, et les parents avec eux, ont rendez-vous sur la 3. À 20 heures, ils choisiront de regarder le journal des autres chaînes ou Les Jeux de 20 heures de Jean-Pierre Descombes, et enverront probablement les plus jeunes au lit.

Ce petit dessin animé du soir n'est donc pas la trouvaille d'un service jeunesse : c'est le sous-produit d'une réforme de l'information. Le tout premier occupant de la case est Il était une fois… l'Homme, la fresque historique d'Albert Barillé, diffusée en tranches de cinq minutes du lundi au vendredi, puis rediffusée en épisode complet le samedi en fin d'après-midi. Pendant dix ans, les enfants y découvriront de nouveaux héros qui n'ont rien à envier à ceux des autres chaînes.

Balthazar, le mille-pattes


Créé par Jac Lelièvre, Balthazar, le mille-pattes naît d'abord en bande dessinée dans la presse jeunesse des éditions Fleurus, il fait son apparition à l'antenne de FR3 en juin 1978 servant d'interlude à l'instar des Petits A2. Cette drôle de bête faite de petites boules rouges désarticulées sert de générique aux émissions de FR3 Jeunesse. Adapté par Albert Champeaux et mis en musique par Francis Lai, il donnera naissance à plusieurs séquences animées dont les plus connus la montgolfière, la soucoupe volante ou un épisode spécial Noël.


Dix ans de feuilletons

23 septembre 1978 : Il était une fois… l'Homme inaugure la case.

9 mai 1979 : Les Aventures de Tintin, la vieille adaptation Belvision de 1961, découpée en 102 épisodes de cinq minutes : un format taillé sur mesure pour le créneau.

1979-1981 : Super Bécane (Hanna-Barbera), puis Bucky et Pépito, L'Histoire de France en bande dessinée, Le Professeur Balthazar (série croate de Zagreb Film), Paddington, Saturnin, Hector et Victor, Hashimoto.

30 mars 1981 : Les Misérables, non pas une série mais un téléfilm d'animation de la Tôei (adaptation de Victor Hugo) de 70 minutes, débité en tranches de cinq minutes. Générique signé Jean-Jacques Debout, interprété par Chantal Goya.

3 octobre 1981 : Ulysse 31. Le générique change à la troisième diffusion, en 1983, pour devenir Ulysse revient (interprété par Jacques Cardona, du groupe Apollo).

2 octobre 1982 : Il était une fois… l'Espace, deuxième volet de la saga Barillé.

15 octobre 1984 : Lucky Luke, coproduction Hanna-Barbera / Gaumont / FR3 dont le générique Bang Bang Lucky Luke est chanté par « Les Texans », soit encore la voix de Jacques Cardona, habitué de la case.

14 octobre 1985 : Les Entrechats sont là

7 septembre 1987 : Il était une fois… la Vie, troisième volet Barillé. À partir de septembre 1987, ce n'est plus Les Jeux de 20 heures mais La Classe produit par Guy Lux qui suit le dessin animé.

14 mars 1988 : Les Diplodos (Chalopin / Bianchi), dernier grand titre de la case.


Le concept disparaît

La case du soir ne meurt pas d'un coup de couteau, mais d'étouffement progressif par l'information. Le 6 mai 1986, FR3 change de visage : nouvel habillage, nouveau logo, adieu l'œil emblématique, antenne ouverte dès 9 heures au lieu de 17 heures, et surtout un grand rendez-vous d'information locale, nationale et internationale, le 19/20, créé et présenté par Henri Sannier avec Ghislaine Ottenheimer. Les speakerines font leur apparition la même année. Démarrant à 19 heures, ce journal fleuve grignote peu à peu le début de soirée. En 1988, la case de 19 h 55 disparaît ; Les Diplodos en auront été les derniers locataires.

La jeunesse se replie alors sur Amuse 3 (qui succède à FR3 Jeunesse en septembre 1986) l'après-midi, et sur le Disney Channel du samedi soir, remplacé par Samdynamite en janvier 1989.

Enfin, à partir du 3 février 1990, FR3 cède chaque samedi, de 15 heures à minuit, son antenne aux programmes de La Sept — la future Arte.


Qu'en est-il d'Ulysse en breton ?

Cette case de 19h55 relevait du programme commun de FR3, identique partout en France de Brest à Marseille en passant par Lille et Lyon.

Mais FR3 n'était pas qu'une chaîne nationale. C'était un réseau de stations régionales, capables à certaines heures de diffuser leurs propres programmes et, en Bretagne, dans leur propre langue.

Ulysse 31 a connu là-bas une seconde vie : une version entièrement doublée en breton, Ulis 31, où le petit robot Nono lui-même s'exprimait en langue bretonne, sa voix mécanique retravaillée sur l'un des premiers bancs de montage numérique de la télévision régionale française.

Comment une antenne régionale a-t-elle pu s'emparer d'un dessin animé national pour le faire parler breton ?


Le décrochage régional

FR3 n'était pas une chaîne unique diffusant partout le même signal. C'était un réseau. À côté du programme national commun, chaque station régionale disposait de fenêtres pendant lesquelles elle « décrochait » : techniquement, elle substituait son propre signal à celui de l'antenne nationale, sur ses seuls émetteurs. Le téléspectateur ne changeait pas de chaîne ; c'est la chaîne qui changeait de contenu sous ses yeux, selon la région où il se trouvait.

Ce mécanisme était au cœur de l'identité de FR3. De 1982 à 1992, la chaîne comptait treize directions régionales et douze centres « excentrés », chacun doté de rédactions produisant journaux et magazines. La régionalisation figurait même au cahier des charges fixé à la chaîne en 1984. Et ces antennes ne se contentaient pas d'informer : elles pouvaient produire, doubler, habiller des programmes y compris dans les langues régionales.


Ulis 31

A la fin des années 1980, FR3 Bretagne fait doubler en breton plusieurs dessins animés pour ses fenêtres régionales. Ulysse 31 devient Ulis 31, Yakari garde son nom, et Inspecteur Gadget subit le même traitement. Un ancien ingénieur du son encore en poste sur France 3 Bretagne raconte :


« La Bretagne a été la première région à bénéficier d'une station de montage numérique audio en 1988, une vraie révolution. D'autres machines sont arrivées comme celle qui a permis de faire des voix de robots pour le dessin animé Ulysse 31, entièrement en breton ! »



L'antenne bretonne, pionnière du montage numérique audio en région, a donc utilisé cet équipement de pointe pour doubler en breton. Une technologie d'avant-garde mise au service d'une langue minoritaire, sur un space opera franco-japonais. Les spécialistes du doublage breton qualifient ces réalisations d'« embryons de doublage », faits « avec les moyens du bord par les acteurs bretonnants d'alors » — le véritable outillage professionnel n'arrivera qu'avec le studio Dizale, en 1998-1999.


Un 45 tours édité sous pochette FR3 Breizh, label An Here (Quimper), réunissant le générique d'Ulis 31 en face A et celui de Yakari en face B existe. Le disque est enregistré au Studio FR3 Roazon (Rennes) sous la supervision de Alain Bienvenu responsable des programmes en breton sur FR3

  • Ulis 31 est chanté par Jean-Luc Roudaut, chanteur du groupe Rêves de Gosse, instituteur en écoles Diwan (immersion bretonne) et diplômé d'audiovisuel. Il signera aussi les génériques bretons de Yakari et d'Inspecteur Gadget.

  • Yakari est interprété par Nolwenn Corbel

Jean-Luc Roudaut reprendra également le générique de l'Inspecteur Gadget. Yakari sort également en BD chez l'éditeur breton Keit Vimp Bev en langue bretonne.

Sources additionnelles : Planète Jeunesse / Le Grenier de la télé / Blog de Jean-Luc Roudaut / Nos années Récré A2 de Sébastien Carletti


Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note

Pour ne rien louper,
inscris toi ici :

Merci et à bientôt alors...

Collaborations

Pour toutes demandes de partenariats, n'hésitez pas à me contacter sur : lesanneesrecre@gmail.com

Caricature du monstre gentil Casimir par l'illustrateur ZeMiaL

Tu peux aussi
me contacter ici :

Merci pour votre envoi.

Illustration: ZeMiaL

Webdesign: Protein Studio
© 2023 Les années récré. 

bottom of page