La playmate de Collaro
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En 1982, Stéphane Collaro arrive sur TF1 en remodelant son Collaro Show (A2) en Coco-Boy. Au programme, toujours des gags potaches, auxquels il ajoute une séquence qui va faire jaser dans tout l'hexagone : la playmate, un strip-tease télévisuel.
Un Playboy en parodie
L'idée ne vient pas de nulle part. Collaro l'a raconté lui-même : tout est parti d'un projet avec le documentariste Daniel Costelle, qui lui proposait de créer une sorte de Playboy télévisé. L'idée au premier degré ne l'amusait guère, mais en parodie, elle devenait irrésistible. Ainsi naquit Coco-Boy, lancée le vendredi 8 octobre 1982 à 20h35.
Coco-Boy occupait le prime time du vendredi environ une fois par mois, en alternance avec d'autres divertissements comme « Porte-bonheur » ou « L'Académie des bas-arts ». Et la fameuse séquence s'appelait alors, en toute logique, « la Playmate du mois ».
Le principe ? Sous prétexte de parodier le célèbre magazine, l'humoriste fait débarquer une jeune femme qui soudain se déshabille au beau milieu d'un sketch, avec plus ou moins de transition, dans les lieux les plus incongrus, une contractuelle en pleine rue par exemple, les passants cherchant alors à se faire verbaliser à tout prix.
Pour illustrer cet effeuillage télévisuel, Jean Schultheis compose une musique sexy pour danse lascive, ponctuée de soupirs féminins et de « cocoboy » susurrés. Les mélomanes noteront que cet indicatif mythique dérive de son titre « Bébé Bop », paru la même année en face B de son 45 tours « Je te cherche sans me trouver ». Quant à « La Playmate » elle-même, on la retrouve en face B du 45 tours de l'émission, « Pour être un coco boy ».
De la playmate du mois à la playmate du samedi
Le 13 avril 1984, Coco-Boy tire sa révérence. Mais Collaro revient dès la rentrée suivante avec Cocoricocoboy, créée avec Catherine Corbineau, et change complètement la formule : fini le grand prime time mensuel, place à un programme court quotidien, diffusé du lundi au samedi à 19h40, juste avant le journal de 20 heures. L'émission cartonne, avec des scores de vingt-cinq à trente points d'audimat.
La playmate, elle, garde sa rareté : dans cette émission désormais quotidienne, elle reste le rendez-vous du samedi soir. Un privilège hebdomadaire qui fait toute sa force : à l'heure où toute la famille est à table, une jeune femme s'effeuille sur le petit écran. Du jamais vu à la télévision française.
Le Télé 7 Jours du 14 septembre 1985, au lendemain de la rentrée de l'émission le jeudi 12 septembre, s'étonne de ce phénomène inédit, des femmes qui s'effeuillent entre 19h40 et 20 heures, et constate que ça marche : l'effet playmate est très nettement mesurable, puisque c'est le samedi, son soir de diffusion, que Cocoricocoboy enregistre ses meilleurs scores. »
Le même article dévoile les coulisses du recrutement : c'est Stéphane Collaro en personne, en maître absolu, qui choisit les playmates. Les critères sont détaillés sans détour : aucune vulgarité, des jeunes femmes minces de 17 à 25 ans, mesurant au moins 1m65, habituées à se déshabiller et sachant danser, sans exclusive sur la couleur de peau. Le magazine publie même l'adresse où postuler !
Un document d'époque qui en dit long sur la télévision des années quatre-vingt, et qui ferait aujourd'hui l'effet d'une petite bombe.
Une séquence qui fait débat
Même à l'époque, la playmate ne fait pas l'unanimité. La séquence fait jaser dans les chaumières, s'invite dans les journaux télévisés et alimente les débats sur ce que la télévision peut ou ne peut pas montrer à une heure de grande écoute. Précisons que le strip-tease n'était jamais intégral à l'écran dans les émissions de TF1 ; il faudra attendre le « Collaricocoshow » sur La Cinq pour que la dernière barrière tombe.


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