Les tribulations d’Hélène en Chine
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“On a supposé que c’était des étudiants chinois en France qui sont repartis là-bas avec ma chanson. Le succès est telle que “Je m’appelle Hélène” fait partie des chansons françaises les plus connues de Chine !… Je connais des chansons en chinois, de Teresa Teng, parce qu’ils me comparent à elle, c’est leur Edith Piaf là-bas ! ” (Hélène Rollès)
Ce n’est pas une légende – contrairement à celles que son producteur a parfois façonnées pour nourrir l’imaginaire autour de ses artistes. La preuve : j’en avais fait le récit dans un carnet de voyage publié sur mon blog en juillet 2006.
J’ai quitté Lijiang en bus de nuit pour rejoindre Kunming. Je partage les couchettes du fond du car avec quatre jeunes de Shanghai. Jason — son prénom d’emprunt, ou Shi Jun Jie si vous préférez — mon voisin immédiat, se prend au jeu du sudoku, qui ne me quitte jamais lors des longs trajets.
Il est tout fier de m’annoncer qu’il connaît une chanson française.
— Ah bon ? Laquelle ? lui demandé-je, intrigué.
— Hélène, prononce-t-il vaguement.
Je m’interroge. Ah oui, Roch Voisine, bien sûr… Je fredonne alors : « Seul sur le sable… »
— Non, répond-il, avant de chantonner fièrement : « Hélène, je m’appelle Hélène… »
Je ne peux m’empêcher de rire. Cette chanson, si vous ne la connaissez pas, c’est celle d’Hélène Rollès, l’interprète d’Hélène dans Hélène et les garçons.
Nous nous quittons vers 4h du matin, ils partent pour l’aéroport, leurs vacances sont finies.
(...)
Me revoilà errant en ville, je trouve un barbier qui refuse de me raser, ma barbe lui fait peur. Je me rends dans un café pour prendre un bon petit déjeuner, l’ambiance est sympa. Puis, tout à coup, la musique m’interpelle… « Je suis une fille comme les autres… Hélène, je m’appelle Hélène… » Vive la culture française !

En 1991, Hélène Rollès avait assuré la première partie du spectacle de Dorothée lors de sa troisième tournée en Chine : neuf concerts devant plus de 160 000 spectateurs passionnés. Elle se produit notamment trois soirs consécutifs au Palais des sports de Shanghai puis à Nanchang avant d’achever la tournée à Tianjin.
Invitée au gala du Nouvel An sur Pékin TV en 2014, elle confirmait déjà son statut de véritable icône francophone dans le pays. Alors que Maroon 5 a dû annuler ses concerts en Chine, faute de billetterie suffisante, Hélène, elle, y enchaîne quinze dates dans de grandes villes du 15 novembre au 15 décembre 2015.
Dans son tour de chant, elle ajoute même un titre en mandarin, « Tian Mi Mi », dans sa version originale de Teresa Teng, à laquelle on la compare volontiers en référence à la légende adulée de la variété chinoise des années 1980-1990.
En 2019, à l’initiative du président chinois, l’héroïne de Hélène et les garçons est invitée au dîner officiel de l’Élysée célébrant la venue de Xi Jinping, consacrant ainsi un pont culturel tissé de longue date entre la France et la Chine.

L’histoire d’Hélène Rollès et le public chinois dure donc de longue date. C’est tout naturellement que la chanteuse est invitée, le 16 février 2026, à célébrer le Nouvel An chinois lors d’un show télévisé sur la chaîne nationale China Central Television (CCTV), regardé par près de 800 millions de téléspectateurs. Pour couronner l’événement, Hélène ne chante pas seule : c’est en duo avec l’artiste américain John Legend, interprète de « All of Me », qu’elle reprend « The Beauty and the Beast » (La Belle et la Bête). Un duo certes improbable, mais étonnamment harmonieux.
Lors de son concert au Théâtre Marigny, en mars 2025, Hélène annonce préparer une nouvelle tournée en Chine et propose au public d’écouter un joli morceau en mandarin : une reprise de « The Moon Represents My Heart », immortalisée en 1977 toujours par la très populaire Teresa Teng.
À la fin de l’année 2026, Hélène Rollès s’envolera de nouveau vers la Chine pour une tournée dans huit villes différentes dont Pékin et Shanghai.









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