Marie Dauphin: l'« Àvenir » est déjà sur Seine
- il y a 3 jours
- 3 min de lecture
L'année dernière, Wilfried jouait son récital Autour de Corbier sur la scène du bateau El Alamein, l'émotion m'avait submergé. Il y a quelque chose dans les cales de cette péniche, une résonance particulière qui amplifie tout — les notes, les mots, les frissons. Hier soir, une nouvelle fois, elle se transformait en boîte à musique. Un coffret charmant accueillant cette fois la poésie de Marie Dauphin. Après la soirée inaugurale proposée à L'ArtiShow en novembre dernier, Marie a choisi pour célébrer la sortie du premier opus de son double album cette scène parisienne à la déco baroque et au cadre enchanteur. Les voix et les instruments s'y épanouissent dans une intimité rare, portés par ce cocon feutré tanguant au rythme de la Seine que la pluie éclabousse à travers les hublots. Le public venu nombreux est conquis dès les premières notes, se réchauffant au son de la musique et d'un drôle d'instrument métallique qui illustre les quatre premières chansons que Marie nous laisse écouter, portée par une voix qu'elle maîtrise avec autant de naturel que d'élégance. Une ode à l'Àvenir, un troublant J'aime pas ma mère, un hommage aux hommes avec Baudelaire, la pareille aux femmes avec Madame…
Avant d'accueillir Wilfried, justement, qui revient sur Seine pour l'occasion en partageant Plante un jardin, une chanson de son père François Corbier, celle-là même qui l'avait fait remarquer par Jacqueline Joubert dans un cabaret au début des années 1980. Une rencontre musicale symbolique qui prend son sens face à un public d'anciens « Récréamis », dont l'animateur Bertrand Boucheroy. Un joli duo inédit dont les voix s'accordent comme sur du papier musique.
Alors Thomas Bloch doit remballer son Cristal Baschet aux sonorités cristallines pour laisser place à Marc Momdjian, qui accompagnera Wilfried pour cette « première partie » en cinq chansons issues de son tour de chant habituel.
Marie reprend ensuite la scène, toujours accompagnée de Paul Galiana, véritable homme-orchestre, qui cette fois doit gérer guitare, basse et piano au gré des dix prochaines mélodies. N'importe quoi de préférence en avant-première du prochain album. Coffre-fort, un souvenir savon du précédent, et Capitaine, dédicacée cette fois à "son homme", Gérard Cuq, celui qui, derrière le public, capture tous ces instants magiques.
Bien sûr, Lady Oscar et Bibifoc sont de la partie dans une orchestration plus jazzy cette fois. Clémentine viendra clôturer le spectacle après la savoureuse et résiliente Danse des différences, que Marie accompagne au ukulélé. Puis elle nous rappelle ses talents de comédienne et envoûte la péniche avec le magnifique poème de Claude Lemesle Il faut vivre, un texte qui colle si bien à l'esprit de l'artiste. Et enfin Sunset Boulevard, le premier titre original tiré de ce nouvel album dont on vient de fêter la sortie.
Cette parenthèse enchantée du dimanche soir se termine en toute sympathie et résonne encore comme une bouffée de bonheur. De petits instants comme on les aime tant, ces rares moments à partager au présent.
Quant à l'album « À venir », il est disponible sur damedecoeurproductions.com et sur les plateformes d'écoute. L' Àvenir nous réserve encore bien des surprises avec le volume 2 attendu à l'automne. Cette fois, on compte sur vous pour être présents et partager ensemble ces petits plaisirs en musique.
Wilfried sera au « PiC » – Petit Ivry Cabaret – le dimanche 7 juin.


Commentaires