Stars Manga : la symphonie des génériques

Hier soir, 30 octobre, le Palais des Congrès de Paris accueillait Stars Manga. L’aventure avait commencé bien plus tôt : sous le nom Manga Mega Show, le projet porté par le producteur Thierry Chabrot, rompu aux ciné-concerts symphoniques, et Jean-Luc Azoulay, architecte historique des génériques du Club Dorothée, était annoncé pour février. Des difficultés d’organisation et une billetterie en demi-teinte ont conduit à un report de sept mois. L’ambition restait belle : offrir à notre patrimoine animé un orchestre symphonique, des centaines de choristes et les voix originales des génériques, dans l’une des plus belles salles de Paris.
Lors de nos lives des 23 et 25 septembre, avec la majorité des artistes, nous avions évoqué un concours de cosplay, un karaoké géant et un "meet and greet". Ces animations n’ont finalement pas pu voir le jour, mais le concert, lui, a bien eu lieu.
Après une pause estivale, la promotion avait repris sur les réseaux à la rentrée. Nous avons eu le plaisir d’offrir 4 places aux fidèles des Années récré, et l’illustrateur ZeMiaL a rejoint l’aventure trois semaines avant le show avec de nouveaux visuels : chaque chanteur dans le costume du héros que son générique incarne. Un dernier coup de pouce, dans un contexte parisien peu favorable (manifestations, regain du Covid).
C’est l’occasion de retrouver de nombreux copains pour partager ce moment tant attendu. La salle a été réduite de moitié, tous les spectateurs étant regroupés dans les 26 premiers rangs : environ 2000 personnes profitent ainsi du spectacle, qui débute à 20h30 pour deux heures sans entracte.
Première surprise : le rideau se lève sur les notes des « Maîtres de l’univers », chanson d’Alain Chaufour, qui n’est d’ailleurs pas un générique, interprétée cette fois par Bernard Minet.
Un souci de son pénalise les premières minutes, vite corrigé par la régie. En fond de scène, les dessins de ZeMiaL s’illuminent derrière chaque interprète.
Autre surprise : les 200 choristes annoncés ne sont pas là, ce sont les chanteurs eux-mêmes qui assurent les chœurs pour leurs camarades. Un mal pour un bien, qui donne au show une ambiance chaleureuse et conviviale, comme on l’aime. L’orchestre aussi est réduit mais le chef Ralph Szigeti, enjoué et investi, fait oublier la différence, et les 30 musiciens subliment les arrangements symphoniques.
La setlist déroule ses classiques. Jean-Paul Césari reprend « Rahan », qui lui va à merveille, puis « Les Mondes engloutis ». Marie Dauphin nous emmène dans la bulle bleue de « Clémentine », Valérie Barrouille dans la magie de « Creamy », Dominique Poulain, émue, chante « Candy s’endort », et Jean-Pierre Savelli nous entraîne vers l’infini d’« Il était une fois l’espace ». Jean-Marc Anthony Kabeya rajeunit l'ambiance avec « Pokémon Johto », Julien Lamassonne chante « Code Lyoko » puis fera revenir « Ulysse 31 ».
Avec « Les Chevaliers du Zodiaque », la salle semble enfin se réveiller : le public chante et tape des mains, mais reste majoritairement assis. Malheureusement, l’énergie n’est pas tout à fait celle du public de Dorothée, debout pendant tout son show quelques mois plus tôt. Lorène Aldabra rejoint Bernard Minet pour la version japonaise de « Saint Seiya », conclue par les paroles françaises : un duo très efficace. Fidèle à lui-même, Jacky présente les morceaux comme à la grande époque du « Jacky Show » et rend un hommage ému à Ariane Carletti, dont les chansons de « Dragon Ball » sont reprises en chœur par toute la troupe. Suivent un tribute à Miyazaki (« Princesse Mononoké », « Totoro »), puis « Sailor Moon » et « Lady Oscar » en japonais.
Noam arrive enfin pour honorer Goldorak, puis enchaîne avec « Miraculous » en duo avec Sabrina. « Jeanne et Serge », « Candy », « X-Or », « Bioman », « Nicky Larson », « Les Cités d’or » et « Naruto » complètent le spectacle, avant les reprises collectives d’« Albator » et de « Capitaine Flam », qui concluent deux heures de show dans une ambiance très bon enfant.
Quelques défauts de rythme et d’organisation, mais des artistes impliqués et visiblement heureux d’être là, qui profitent à fond de la scène du Palais des Congrès. Qui aurait cru chanter un jour ces génériques, quarante ans plus tard, en symphonique, sur une aussi grande scène ? Une preuve de l’impact de la Pop Culture, notamment japonaise, ancrée dans la mémoire de toute une génération et incarnées par des personnalités dont l’attachement est indéfectible.

Certains chanceux ont pu prolonger l’événement en backstage : l’occasion d’exprimer son admiration aux artistes, de leur faire signer quelques vinyles d’époque ou de se faire photographier avec eux. Un moment convivial, où l’on a pu croiser Philippe Ariotti (voix de Piccolo et de Freezer dans « Dragon Ball »), Francine Chantereau et Catherine Welch, deux autres « Fléchettes », ou encore Brenda Hervé, animatrice de « Sam’Dynamite », à qui j’ai enfin pu me présenter.
Si le show reste un moment merveilleux, les rencontres et les retrouvailles apportent une énergie folle, qui donne vie à tout notre travail numérique : une réunion humaine autour d’une passion commune. Setlist :
|
|


Merci pour ce compte-rendu très complet.
Effectivement ce qui a été annoncé n'a pas forcément été tenu : taille de l'orchestre, chœurs, hommage à Lionel Leroy (c'est le second générique d'"Uysse 31" qui a été interprété, et non celui qui s'est le plus vendu...), titres de Claude Lombard, générique de "Jayce et les conquérants de la lumière"... Cela dit, ne vaut-il pas mieux que les artistes interprètent surtout les génériques qu'ils ont eux-mêmes défendu à l'époque et qu'ils ont popularisé plutôt que de reprendre ceux des autres, quitte à ajouter un ou deux titres supplémentaires à la setlist (il y avait de quoi en ajouter deux ou trois par chanteur / chanteuse) sans problème.
Au-delà de cela, j'ai trouvé que…