Nucléa 3000
- 12 août
- 3 min de lecture

Adapté du manga The Next World (来るべき世界, Kitarubeki Sekai) d'Osamu Tezuka, le père d'Astro le petit robot et de Black Jack, Nucléa 3000 nous transporte dans un futur lointain, sur une Terre rongée par la pollution. Le récit s'ouvre sur la découverte d'une nouvelle forme de vie humanoïde, les Fumoon. Les humains sauront-ils coexister avec elle, ou leur cupidité sonnera-t-elle le glas des deux espèces ?
L'origine
Après Le Prince du Soleil (1978) et Marine Express (1979, inédit en France), Nucléa 3000 est le troisième téléfilm animé produit par le studio Tezuka pour le grand téléthon caritatif de Nippon Television, « 24 Hour Television », placé sous le slogan « L'amour sauve la Terre ». Diffusé au Japon en 1980 sous son titre original Fumoon, il s'inscrit dans cette série de huit spéciaux que Tezuka réalise de 1978 jusqu'à sa mort en 1989.
Le Prince du Soleil (Bander Book) — 1978 / Marine Express — 1979 / Nucléa 3000 (Fumoon) — 1980 / Bremen 4 — 1981 / Prime Rose — 1983 / Bagi — 1984 / Border Planet — 1986 / I'm Son Goku — 1989
Tezuka puise cette fois dans l'une de ses toutes premières grandes œuvres, un manga publié au tournant des années 1950, dernier volet de sa « trilogie de science-fiction ». La réalisation revient à Hisashi Sakaguchi, également scénariste, tandis que Hiroshi Nishimura signe le character design et la direction de l'animation. La musique est confiée à Yûji Ohno, le compositeur attitré de Lupin III.
Le Tezukaverse

Fidèle à son Star System, Tezuka convoque ici toute une galerie de ses personnages fétiches. Le jeune Ken n'est autre que Kenichi, l'un des plus anciens héros de l'auteur, apparu dès Lost World en 1948 et rajeuni ici en adolescent rebelle. La petite Pêche, elle, n'est autre que Pinoko, la célèbre protégée de Black Jack, rebaptisée Momo en version originale : c'est sa toute première apparition sur les écrans francophones, seize ans avant l'édition française du manga. On reconnaît aussi Rock (renommé Rick dans la VF), autre figure récurrente, ici cantonné à un rôle plutôt positif, ainsi que Shunsaku Ban, l'oncle Moustache, déjà entrevu le temps d'une scène dans Le Prince du Soleil et promu cette fois au rang de personnage central. Les amateurs repéreront encore le Duc Rouge de Metropolis sous les traits d'un dirigeant politique.
Sous ses rondeurs cartoonesques, Nucléa 3000 est pourtant l'un des plus sombres de la série. Le générique bucolique, où un paysage verdoyant cède la place à son équivalent dévasté, donne d'emblée le ton. Fable écologique et pacifiste, le téléfilm dénonce sans détour les jeux de pouvoir des nations qui préfèrent s'entre-déchirer plutôt que d'affronter la menace commune. Un message pessimiste et poignant, qui n'a hélas rien perdu de son actualité.
La diffusion en France

Nucléa 3000 est présenté sur Antenne 2, dans l'émission Récré A2, en trois parties diffusées trois jeudis de suite : les 6, 13 et 20 janvier 1983. Une rediffusion suivra en 1987. Fait notable, sa fin n'a subi aucune censure. C'est précisément cette intégrité qui fera parler. L'ambiance oppressante et surtout son dénouement ont choqué de nombreux parents, comme en témoigne le flot de lettres adressées à Antenne 2 au lendemain de la diffusion, épisode rapporté par Sébastien Carletti dans son ouvrage Nos années Récré A2. Ces réactions ont peut-être dissuadé la chaîne de programmer les autres téléfilms de l'auteur, nous privant ainsi de Marine Express comme des spéciaux suivants.
Côté doublage, la version française reprend l'essentiel de l'équipe du Prince du Soleil : Thierry Bourdon prête sa voix à Ken, Claude Chantal à Sidéralia, Gérard Hernandez à La Moustache, Philippe Dumat au professeur Okanor et Claude Dasset au Maître de la Recherche Scientifique.
Je vous propose une nouvelle fois la version remontée des 3 épisodes de Récré A2 :

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