Imbert et Moreau – Duo musical pour enfants
- il y a 1 jour
- 3 min de lecture
Lorsqu’ils se rencontrent à la fin des années 1960, Françoise Moreau et François Imbert nourrissent un rêve simple et ambitieux : devenir les Joan Baez et Bob Dylan français. Ils chantent la folk américaine, guitare acoustique en bandoulière, portés par le souffle libertaire de l’après-68. Ils s’inscrivent pleinement dans le mouvement du folk français. Comme toute une génération d’artistes, ils remettent au goût du jour les instruments acoustiques, les harmonies vocales et une forme de simplicité poétique. Leurs chansons parlent du monde, de paix, d’espoir. L’engagement n’est pas un slogan : c’est un état d’esprit.
Françoise est alors institutrice. Très vite, elle constate qu’en matière de chanson pour enfants, tout reste à construire.
Anne Sylvestre avait sorti "Les Fabulettes", c’est tout. Nous avions envie de parler du quotidien des enfants, des familles, de la société, avec de vrais mots. — Françoise Moreau
À l’époque, Anne Sylvestre vient en effet d’ouvrir une voie avec ses Fabulettes, mais le répertoire reste limité. Françoise et François pressentent qu’il existe un espace immense entre la comptine traditionnelle et la chanson engagée pour adultes.
À partir des années 1970, ils se font connaître pour leur travail en direction du jeune public. Leur originalité tient à une conviction forte : l’enfance n’est ni naïve ni simpliste.
Le vocabulaire peut être riche, les thèmes profonds, la musique exigeante. Les mots ont du sens. Les textes ont du fond.
Leur répertoire aborde le quotidien des enfants avec pédagogie et humour : la route des vacances, l’importance de boire du lait, le rendez-vous chez le dentiste, les relations avec les parents. Chaque chanson raconte une histoire qui fait écho à l’expérience vécue.
On peut dire que, depuis toujours, nous sommes des chanteurs engagés pour enfants. Pacifistes aussi. Depuis 1968, on a signé une douzaine de chansons sur l’écologie. Nos albums sont joués et utilisés dans les écoles. Françoise Dolto se servait pas mal de nos chansons. — Francois Imbert
En avance sur leur temps, ils parlent environnement, respect, solidarité, bien avant que ces thèmes ne deviennent centraux dans le débat public.
Avec près de 300 chansons et une quinzaine d’albums, leur répertoire est vaste. Toujours enregistrées « avec de vrais instruments », leurs productions explorent différents styles : folk, rock, blues, reggae, polka, ronde ou même french cancan. L’idée est simple : permettre aux enfants de découvrir une diversité musicale authentique.
Même les chansons écrites il y a trente-cinq ans résonnent encore avec une étonnante modernité.
Même dans des chansons qui ont 35 ans, on se rend compte que nous nous étions déjà en avance. On aborde, par exemple, les familles recomposées, l’enfance maltraitée, la mort aussi. — Francois Imbert
Loin d’une vision édulcorée de l’enfance, ils osent parler de sujets délicats avec délicatesse et intelligence.
En 1995, leurs fils Jérémie et Corentin rejoignent l’aventure. La dimension familiale devient centrale, autant sur scène qu’en coulisses.
Nous sommes venus avec nos influences musicales davantage portées sur le rock et la pop, alors qu’ils étaient très musique folk. — Jérémie Imbert
Le mélange des générations insuffle dynamisme et modernité aux arrangements. La « PME familiale » s’organise : Corentin gère le studio d’enregistrement, Jérémie réalise les vidéos et DVD, Françoise s’occupe des costumes, et François continue d’écrire paroles et musiques.
Au fil des années, le groupe développe également des spectacles interactifs. En 1997 naît le Bal Grenadine, un bal-spectacle « à 100 000 volts » où même les plus timides se laissent entraîner sur la piste. Les pas de danse sont expliqués dans les paroles, les rythmes s’enchaînent, et la salle devient une grande fête collective.
Le spectacle mêle rock, bamba, reggae, blues, polka et rondes traditionnelles. La scène devient un lieu d’échange direct, fidèle à leur philosophie : chanter avec les enfants, pas seulement pour eux.
En 2016, le quatuor, désormais aussi connu sous le nom « les Zim’s », revisite le patrimoine français : Cadet Rousselle, Auprès de ma blonde, Voici le mois de mai...
Devenues des « chantines » - néologisme issu du mariage entre chanson et comptine- , vingt-deux classiques sont arrangés de manière inédite. Une manière d’inscrire la tradition dans une modernité vivante.
En 2019, avec l’album Magique !, leur quinzième opus, ils poursuivent cette démarche : proposer aux enfants et à leurs parents des chansons drôles, intelligentes et musicales.
Retrouvez les sur Facebook @leszimbertetmoreau
Sources additionnelles:









Commentaires