Stranger Things : la série animée qui replonge aux racines de la saga
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Quatre mois après le bouquet final de la série mère, Netflix nous ramène à Hawkins le 23 avril 2026. Mais cette fois, dans une série d'animation de dix épisodes formant une aventure feuilletonnante complète. Et contre toute attente, c'est peut-être elle qui retrouve le mieux l'esprit des origines.
La cuture de la Pop
L'action se situe entre les événements des saisons deux et trois de la série originale, durant un mois de janvier 1985 glacial. La vie a repris son cours : batailles de boules de neige, parties de Donjons et Dragons, école et petites brutes de cour de récré. Mais Hawkins ne serait pas Hawkins sans une nouvelle menace. Malgré la fermeture du portail vers le Monde à l'Envers, des créatures refont surface. Cette fois, le danger est végétal : une expérimentation qui tourne mal provoque la multiplication de monstres-plantes, de vilaines bestioles qui rappelleront aux enfants des années 80 la série Jayce et les conquérants de la lumière.

Face à eux, Eleven, Mike, Dustin, Lucas, Will et Max fondent le Hawkins Investigators Club, bande de détectives en herbe dans la droite ligne de Scooby-Doo ou de Clue Club. Rejoints par Nikki Baxter, une nouvelle élève au caractère bien trempé, ils vont devoir ruser et mêler la science à leurs connaissances en culture populaire : c'est Alien, sorti en 1979, qui leur permet de comprendre le principe de gestation des créatures, tandis que She-Ra et Hordak leur éclairent le fonctionnement du déploiement militaire ennemi.
On était habitué aux références pop dans la série originale (E.T., Les Goonies, L'Histoire sans fin...), mais souvent en filigrane. Ici, elles s'affirment clairement : Dustin en appelle même aux pouvoirs du crâne ancestral de Musclor ! On évoque aussi K 2000, Mr. T, Star Wars, le jeu vidéo Centipede, et la bande-son aligne les tubes d'époque : Kim Wilde, Cyndi Lauper, The Go-Go's, Black Sabbath, Judas Priest. Hopper évoque même une soirée cinéma avec Eleven en louant des cassettes au vidéoclub, tout un rituel d'époque.
Retour aux sources
Si je la pensais destinée aux plus jeunes, cette version animée n'a rien à envier aux saisons en prises de vues réelles. Elle retourne même aux sources de la saga, là où les dernières saisons live, poussives, s'éparpillaient entre une multitude d'intrigues et de personnages adultes. Ici, on resserre sur la bande de copains. Les adultes sont en retrait, les grands frères et les grandes sœurs ne font que des apparitions épisodiques. On retrouve ce qui faisait le sel de la première saison de 2016 : des gamins à vélo, des lampes torches, des talkies-walkies et une menace qui les dépasse. Le résultat est une intrigue haletante, passionnante, qui se binge avec régal.
Un graphisme assumé

Les frères Duffer, producteurs exécutifs du projet, voulaient retrouver l'esprit des dessins animés du samedi matin des années 80. Le showrunner Eric Robles cite comme influences Les Maîtres de l'univers, Scooby-Doo et surtout The Real Ghostbusters, qu'il qualifie d'« étoile polaire » du projet, soit la version animée de SOS Fantômes , diffusée dès le 8 novembre 1987 sur Canal+ dans Cabou Cadin, puis sur TF1 dans Avant l'école et le Club Dorothée. Finalement, influencés par le succès de séries comme Arcane ou le graphisme de Spider-Man: Into the Spider-Verse, les créateurs ont abandonné le look cartoon au profit d'une animation en images de synthèse plus réaliste, pour refléter des enjeux où « tout le monde pourrait ne pas survivre ». La presse décrit la série comme familiale mais parfois franchement, elle reste effrayante et déconseillée au moins de dix ans.
L'animation est signée Flying Bark Productions, studio installé à Sydney. Un nom qui ne dira peut-être rien au grand public français, et pourtant... Fondé en 1967 sous le nom de Yoram Gross Film Studios, c'est le plus ancien studio d'animation australien encore en activité, à qui l'on doit Les Aventures de Blinky Bill, les péripéties d'un petit koala diffusées en France dès 1995 sur France 3. Racheté en 2008 par le groupe belge Studio 100, le studio a participé aux remakes en 3D de Maya l'abeille (diffusée dans Tfou sur TF1 dès septembre 2012) et de Heidi (sur TF1 dès janvier 2015). Plus récemment, Flying Bark a assuré l'animation de la série Marvel What If...? et du film Rise of the Teenage Mutant Ninja Turtles (2022).
Une suite déjà en route
Le succès a été immédiat : renouvelée quatre jours seulement après sa mise en ligne, forte de 2,8 millions de vues en première semaine, la série reviendra à l'automne 2026 pour une deuxième saison, présentée comme une suite directe où la bande affrontera une nouvelle menace périlleuse. Car comme le précise Eric Robles, les saisons ne sont pas isolées : elles sont très liées entre elles.


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